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Interview du Dr Adrian Chaboche

Mis en ligne le 13 avr. 2024
Interview du Dr Adrian Chaboche

 

KALAE :  Les médecines douces et la médecine conventionnelle sont-elles vraiment complémentaires selon vous ? Pourquoi ?

Adrian Chaboche : Totalement. Si nous partons d’un postulat d’observer ce qui peut s'entraider plutôt que s’opposer, et que certaines distinctions dans les domaines d’actions entre médecine et approches complémentaires sont respectées, alors on favorise la complémentarité de l’une et l’autre tout en les valorisant. Prenons un exemple très concret et fréquent : les troubles du sommeil. Il existe des pathologies du sommeil qui nécessitent une expertise diagnostique et thérapeutique médicale, voire hospitalière. Mais ce sont dans ce dernier cas des pathologies bien moins fréquentes, voire rares, par rapport à la présence des insomnies dites « classiques » qu’éprouve plus d’une personne sur cinq dans la population française. Parmi ces 20% souffrant d’insomnie chronique, de 22% à plus de 50% chez les personnes de plus 75 ans prennent un médicament Benzodiazépine au long cours, alors même que c’est justement déconseillé, car nous savons que l’usage sur plus de 3 mois continu est un facteur favorisant significativement les risques de développement de maladie neuro-évolutive comme Alzheimer. C’est un réel préjudice de santé ! Car d’une part ces traitements ne favorisent pas un sommeil de qualité, d’autre part ils sont coûteux en termes de remboursement, et enfin ils peuvent entraîner fréquemment des conséquences graves (addictions, chutes, mémoire, concentration, vieillissement…). Pourtant ce sont bien des médecins qui les prescrivent ! Mais ils sont démunis car ne connaissent pas suffisamment d’approches complémentaires qui peuvent avoir une action favorisante sur ce problème. Alors qu’il a été montré que l’utilisation de l’hypnose pouvait augmenter jusqu'à 80% le sommeil profond, et que la valériane avait des effets démontrés par des méta-analyses scientifiques sur la qualité du sommeil et sur le stress, sans avoir les effets secondaires des benzodiazépines. Ni l’hypnose ni la valériane ne relèvent pourtant de l’ésotérisme ! 

Évidemment il s’agit d'un exemple restreint, même s' il s’agit d’un problème fréquent et dont les effets au long cours sont graves. Mais cela rend bien compte que cette articulation de complémentarité est possible, et même souhaitable. Il serait justement indispensable que plus d’actions soient menées afin de diffuser ces informations tant pour les usagers que les praticiens, et c’est une des missions de KALAE !

 

KALAE :  Les remèdes de grand-mère s’inspirent souvent des pratiques de médecines douces. Pensez-vous que les appréhensions autour de ces médecines complémentaires viennent d’une désinformation du grand public ?

A.C. : Si la désinformation peut être présente, je pense que la non formation entraîne plus de dégâts encore. La santé ne fait plus partie de l’éducation des populations. Le recours à la médecine est considéré comme une chose commerciale : les patients ont recours aux soins comme une consommation immédiate où l’on doit accéder vite à la guérison sans prendre le temps de se comprendre, et les institutions et hôpitaux sont soumis à des objectifs financiers qui les exposent à une recherche économique au détriment du temps ou de la qualité de la présence aux patients. Il ne faut pas oublier inversement que si Grand-mère avait des remèdes, elle consultait le médecin du village ainsi que le rebouteux. Les pratiques complémentaires ont toujours été exercées par des personnes formées et issues de connaissances transmises. Alors Grand-mère en savait quelque chose car les praticiens lui montraient, lui expliquaient, et cela pouvait contribuer à ce que la santé soit une démarche dans le temps et non le ponctuel, et qu’elle soit partagée et non dictée. Là encore, nous avons beaucoup de travail à faire pour redonner du sens à l’action de se former à la santé, c’est valable autant pour les praticiens que la population ! KALAE met à disposition un moyen de dialogue entre les professionnels de santé et les usagers afin de contribuer à la formation du grand public.

 

KALAE : Que diriez-vous aux personnes qui sont réticentes à l’idée d’avoir recours aux médecines douces ?

A.C. : Le terme de médecines douces renvoie à l’idée qu’il y aurait donc du « dur » dans les soins conventionnels. La médecine actuelle et son système de santé se sont tellement perfectionnés que nous avons une approche très technique qui s’est malheureusement éloignée des aspects humains relationnels et psychiques. Il ne faut néanmoins pas oublier que les progrès de la médecine ont aussi permis d’améliorer énormément la santé des individus sur des pathologies autrefois mortelles ou très invalidantes. Mais du fait aussi de cette amélioration de l’état de santé, les personnes se posent maintenant de nouvelles questions : qu’est-ce qu'être en bonne santé ? Comment agir soi-même en tant qu’acteur de notre propre santé ? 

Si on se réfère à la définition de l'OMS, la santé est un état de parfait bien-être physique, psychique et social, et n'est pas seulement l’absence de maladie ou d’infirmité. Donc comment développer ce bien-être puisqu’il s’agit entièrement de notre bonne santé ? Les approches « douces » désignent de fait ce champ d’action destiné non pas à guérir mais à prévenir et développer nos ressources, nos capacités individuelles, qu’elles soient mentales, physiques, d’auto-guérison, et plus largement d’apprendre à prendre soin de nous. De plus, c'est aussi avoir recours à des moyens différents : on sait par exemple évidemment que les plantes soignent. Et nous sommes capables d’analyser les processus de production et de garantir maintenant la qualité des produits et de démontrer leur action dans un périmètre bien précis : C’est toute la mission de KALAE ! Donc nous pouvons recourir à ce qu’on appelle communément mais avec un terme trompeur « les médecines douces » dans une action saine, cohérente et complémentaire puisque on ne va pas agir sur les mêmes problèmes de santé. On devrait parler finalement d’approches et thérapeutiques complémentaires

 

KALAE : Quel avenir souhaitez-vous pour les médecines douces ?

A.C. : Qu’elles ne s’appellent plus médecines douces ! Mais qu’elles soient reconnues comme pratiques complémentaires avec un champ d’action clair, un recours par les professionnels de santé qui soient enseignées dès l’université, et que l’on puisse enfin faire cesser cette opposition, car cela peut se faire au bénéfice des femmes et des hommes qui se ressentent jugés comme étant des « alternatifs » tandis qu’ils ne font que rechercher avec beaucoup d’espoir des manières plus humaines et moins techniques de se faire du bien. 

                 

 

Dr Adrian Chaboche, médecin généraliste, hypnothérapeute, psychothérapeute

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